dimanche 20 juin 2010

Un nuage dans ma chambre

Le temps s'est arrêté pendant quelques semaines. Les 8 jours passés a Darjeeling furent très agréable et relax, rien de tel pour guérir une petite bronchite qui fait des siennes. Tout le monde ici m'envoie du "Namaste!!!" à chaque personne que je croise. Les tibétains sont toujours aussi souriants, tournant leurs moulins a prière et décorant les lieux de drapeaux bleu-blanc-rouge-vert-jaunes. Des kilomètres de plantations de thés se déploient sous mes yeux, je m'y balade en regardant les locaux le cueillir. Je suis sur le balcon du ciel, je me sais entourée d'extraordinaires montagnes, certaines dans les plus élevées du monde. Les nuages ne se décidant toutefois pas à laisser leur place, je quitte l'ouest du Bengal, le pays des Gorkhas, sans avoir vu le bout de leur nez, mais juste à temps pour éviter l'assassinat d'un homme du gouvernement et d'une grève générale de plusieurs jours dans la ville.

Sikkim! Il y a des années que j'ai lu sur ce petit coin de pays pas tout à fait indien dans un autre coin des himalayas, coincé entre le Népal, le Bouthan, le Tibet et l'Inde. M'y trouvant si près, impossible de ne pas aller y jeter un petit coup d'oeil. Magnifiques monastères tibétains, verdure incroyable, gens des plus sympathiques. La tête dans les nuages, je découvre la culture locale des lepchas, bouthias et népalis tout en dégustant le fromage de yak et les momos. Un petit inconfort au genou, dont je soupçonne mes semelles Birkenstock d'en être coupables, m'indique qu'il n'est pas temps pour moi d'aller faire un trekking de 8 jours en haute altitude. Je décide donc d'aller sur Tashiding, ou je tombe sur un mariage dès ma première journée. Je me lie d'amitié avec une travailleuse sociale, une des rares à parler anglais dans ce bled, et passe donc plus d'une semaine entre sa maison et le monastère tout en haut de la montagne. Des moments magiques. Je me suis aussi trouvé un amour pour les chiens. Il y a en Inde des chiens PARTOUT et pas toujours gentils parce que les humains les maltraitent et pas toujours jolis et en forme parce qu'ils ne sont pas pénards et bien nourris comme nos chiens domestiqués en occident. Mais les chiens du Sikkim sont tellement beaux et gentils que je ne peux m'empêcher de donner un petit moment d'attention et de tendresse à ceux qui viennent me voir. Quand l'heure du départ a sonné, je me suis dirigée vers Gangtok, la grande ville, pour avoir une extension sur mon permis du Sikkim. Petite tournée en jeep dans le nord du Sikkim qui a un peu mal viré à cause de multiples éboulements de terrain, multiples cascades qui traversent la route, problèmes mécaniques et météorologiques. C'était toutefois de toute beauté, et quand le soleil s'est levé, à 5hAM, je les ai vu finalement ces belles montagnes aux pics enneignés! Juste pour ça, c'aura valu le détour. Ça et les tapis de rhododendrons sur la route vers Point Zéro. Se trouver à 4800m d'altitude aussi est assez sympa!

Retour sur Varanasi après 2 jours de train et de jeep : accueil de 45 degrés. Outch! Plus qu'une semaine en Inde, ce n'est pas vrai que je ne vais pas dormir à cause de la chaleur. Je me tappe donc 2 autres nuits de trains vers Delhi puis Dharamshala, pour les derniers jours en bonne compagnie et une fois de plus dans les montagnes. Le plus gros drame de toute ma vie de voyageuse arriva alors. Perte de ma caméra numérique, de 10Go de photos dont 4Go pas sauvegardés en copie. Ça fait mal. Même la fracture de mon gros orteil à pareille date l'an dernier n'était pas aussi douloureuse pour mon coeur. Alors les amis, je n'ai rien à vous montrer des derniers mois à part les quelques photos de Varanasi sur Picassa. Ça fait maintenant plus d'une semaine que c'est arrivé et je pleure encore ces merveilleuses photos (car oui, il y en avait des extraordinaires), tous ces gens, ces sourires, ces yeux malheureux joyeux ou curieux, cet homme lepchas qui cognait des clous, ce vieil homme tibétain qui gravait des pierres en forme de Bouddha au monastère, ces pics enneigés, ma copine bouthia et son adorable petite fille de 3 ans, ce bébé tibétain avec les cheveux tous ébouriffés qui apprenait à marcher, cette vieille femme népali avec 3 kilogrammes de bijoux en or qui ornaient son nez et ses oreilles... L'expression de ma créativité qui a disparu en images. Et de retour sur Delhi, je me fais voler mes bottes de trekking dans le train. Bon. Faut croire que je dois payer du karma. Lâcher prise...

Le lendemain matin, je dis au revoir India et je m'envole vers les Émirats Arabes, puis vers la Jordanie. Une nuit à Amman et je me dirige alors vers la frontière israelienne avec un peu d'appréhension. C'est une jeune fille de 18 ans, qui rigole derrière son comptoir, à qui j'ai affaire et j'arrive à la convaincre de me laisser passer avec un visa de 3 mois avec les traces de mon passage en terre promise que sur un petit bout de papier inséré dans mon passeport. Victoire! Après 30 minutes de bus sur une route bien occidentale et confortable, j'arrive sur Jérusalem, ville sainte. Terre Promise.... ça promet :)

2 commentaires:

  1. Toujours fort intéressant de te lire. Tu écris
    très bien, bravo! Quand tu décris les paysages
    autour de toi, on s'imagine y être.

    Au plaisir!
    Carmen Perron

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  2. Pas besoin de photos avec les descriptions que tu nous fais. C'est comme si nous y étions, en mieux même.

    Bise !

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