jeudi 30 décembre 2010

Du nouveau, des photos!


Et oui, ce blog existe toujours, bien que silencieux pendant plusieurs mois! Je ne suis pas certaine que je puis résumer tout ce temps de la bonne façon, mais je peux dire quelques mots... Été torride dans le désert, oasis, verdure, sable et roche, levers de soleil, pieds secs, gadid (la récolte des dates), figues, pommes grenades, poires, pommes, amarulas, goyaves, un homme, sa splendide chienne, des chèvres, beaucoup de chèvres, amitié, Rosh Ashana, Yom Kippur dans le Sinai, farniente et plongée sous-marine, Sukkot et soukka, maagal lavan, danse, musique, créativité, mouvement, relations, observations, hébreu, enfants, jeux, apprentissage, naissance, circoncision, natation, couchers de soleils, promenades, automne, masik (la récolte des olives), pomelit, pamplemousses, coness, Hannuka, Jordanie, amour, hiver, yogourt glacé, tempête de sable...

Puisque je suis au Québec et que j'ai un peu de temps, je vous ai mis quelques photos en ligne de Neot Semadar, le kibboutz où je vis depuis 4 mois et demi, du Sinai et de la Jordanie.

Bizoux!
ACxx

lundi 9 août 2010

Il y a un tank dans ma cour


Israel... Il y a de cela des annees, j'ai rencontre mes premiers israeliens en Asie. Vibrants, chaleureux et festifs, parlant une langue des plus delicieuses, ils m'ont tout de suite accroche l'oeil. Un jour, me suis-je dit, j'irai voir ce petit pays si controverse. Mais j'en ai pris du temps, et j'ai remis a plus tard plusieurs fois. Quand la mousson a toutefois montre le bout de son nez cette annee, je savais qu'une saison de pluie en montagne nepalaise n'etait pas souhaitable ; j'en profitai donc pour m'esquiver vers la "terre promise", ou la chaleur est plus qu'au rendez-vous.

Jerusalem fut tout de suite un coup de coeur. Sa blancheur, sa diversite et son energie me foudroient. J'arrive pile poil pour shabbat! Premier falafel palestinien, puis course folle au shouk pour les achats de derniere minute avant que le soir ne tombe. Yom shishi fini ; puis... le calme. Les rues se vident de voitures mais les pietons emergent, habilles sur leur 36. Yom shabbat! Repas enorme, succulent et varie, chants, prieres et hala du tonnerre. Shabbat menoucha. La, on relaxe, on apprecie la vie. Pour certains, ca signifie ne pas utiliser le four, ni ouvrir la lumiere ou conduire sa voiture. Pour d'autres, c'est celebrer avec des etres chers, rire et partager. J'aime.
Puis retour a la normale, Yom rishon... dimanche. Car les semaines commencent le dimanche ici. Ca fait tout drole. Je ne me lasse pas de marcher dans les rues, sans meme y visiter quoi que ce soit, je goute et deguste chaque instant dans cette Yerushalayim si desiree et source de tant de conflits.

Mais quelques jours plus tard et 45 minutes de sherut plus loin, je tombe sur Tel Aviv. Ze big city sul bord dl'a beach. Belle et vivante, agreable pour sa plage et ses bons restos, nightlife active pour qui ca interesse ; confortable pour un moment, je me sauve ensuite vers le nord apres avoir revu plein d'amis rencontres en Inde ou au Costa Rica. Une semaine pour me remettre de l'Inde dans une grande maison, une grande chambre pour moi, un ordi, un frigo plein et de la bonne compagnie. Je me gate et mets mes trucs a jour! (ok sauf le blog..)

Puis je pars sur la trotte... Haifa, puis Ossafia, Ha'On et la mer de Galilee, Les Golan heights et le kibbutz El-Rom, Ein Gedi et la mer morte. Je fais du couchsurfing un peu partout, rencontrant des gens remarquables qui m'accueillent dans leur monde et me font decouvrir les multiples visages et saveurs d'Israel. Eventuellement, eblouie par tant de beaute et etourdie par tant d'errance, je me repose sur jolie Jerusalem. Mon ancre. Mon pivot. Cuisine, promenades, ami.es, Henri le chien, tofu (yeah!!! apres 6 mois d'abstinence), cafe noir arabe qui chatouille les narines avec sa cardamome, Matan, Yuval, la vieille ville, le shouk, le halva, les gens habilles en noir et blanc avec leur kipa partant au vent, la fraicheur de ce dernier en fin d'apres-midi, la porte de Damascus qui te propulse dans un autre univers, le mont des oliviers qui t'assomme d'une vue panoramique sur la ville, les religieux qui protestent pour qu'on reconstruise le temple de Jerusalem... (ce qui implique de detruire la mosque et "the Dome of the Rock"... qui sont musulmans).

Je me decide un jour d'aller faire un tour de l'autre cote. De l'autre cote du mur. J'entre dans Bethlehem apres avoir passe dans le tunnel passant sous le mur. Honteux mur. Les trucs touristiques religieux ne m'excitent pas vraiment... l'endroit ou Jesus est ne a loin d'avoir l'air d'une etable. Ce qui capte mon attention, c'est plutot les innombrables graffitis, oeuvres d'art et slogans qui ornent le mur. C'est de toute beaute mais a en faire pleurer par la realite qui les ont inspires. Pendant quelques heures, je suis en terre arabe, avec l'hospitalite legendaire que ca implique. La vieille ville est aussi jolie du haut de ses grands murs blancs creme. Mais les histoires qui me sont susurees a l'oreille me bouleversent. Comment imaginer que ce mur est une solution viable, alors que l'on connait deja l'echec du premier, dans une autre contree? Les juifs se sentent peut-etre proteges, et il y a peut-etre moins d'attentats, mais a quel prix???

Je retourne sur ma Jerusalem la mine basse, avec un peu plus de nuages dans mon ciel pourtant si eclatant de soleil. Et puis, lentement, apres 2 semaines a zigzaguer entre Tel aviv et Jeru, je prends mon courage a deux mains et me decide a aller plus au sud ie. dans le desert.

Un delectable shabbat a Mitzpe Ramon, ou je decouvre multiples fossiles et un immense cratere a perte de vue. C'est sec. Tres sec. Dimanche matin, je tends le pouce et en un clin d'oeil on me depose au kibbutz Neot Semadar. J'entre alors dans un tout autre monde. Et je reste accrochee. Me baignant dans une oasis luxuriante, je vois le desert et entends les tanks tirer. Disneyland VS base militaire. Mechant contraste. A suivre!

dimanche 18 juillet 2010

Photos!!!


Heureuse de pouvoir prendre des photos a nouveau, c'est avec empressement que j'en mets plusieurs en ligne, pour partager... et pour faire un backup! Alors apres un mois en Israel, je ne prends pas encore le temps de vous ecrire, mais au moins je vous montre mon experience de la terre sainte en images!

Bizoux!

dimanche 20 juin 2010

Un nuage dans ma chambre

Le temps s'est arrêté pendant quelques semaines. Les 8 jours passés a Darjeeling furent très agréable et relax, rien de tel pour guérir une petite bronchite qui fait des siennes. Tout le monde ici m'envoie du "Namaste!!!" à chaque personne que je croise. Les tibétains sont toujours aussi souriants, tournant leurs moulins a prière et décorant les lieux de drapeaux bleu-blanc-rouge-vert-jaunes. Des kilomètres de plantations de thés se déploient sous mes yeux, je m'y balade en regardant les locaux le cueillir. Je suis sur le balcon du ciel, je me sais entourée d'extraordinaires montagnes, certaines dans les plus élevées du monde. Les nuages ne se décidant toutefois pas à laisser leur place, je quitte l'ouest du Bengal, le pays des Gorkhas, sans avoir vu le bout de leur nez, mais juste à temps pour éviter l'assassinat d'un homme du gouvernement et d'une grève générale de plusieurs jours dans la ville.

Sikkim! Il y a des années que j'ai lu sur ce petit coin de pays pas tout à fait indien dans un autre coin des himalayas, coincé entre le Népal, le Bouthan, le Tibet et l'Inde. M'y trouvant si près, impossible de ne pas aller y jeter un petit coup d'oeil. Magnifiques monastères tibétains, verdure incroyable, gens des plus sympathiques. La tête dans les nuages, je découvre la culture locale des lepchas, bouthias et népalis tout en dégustant le fromage de yak et les momos. Un petit inconfort au genou, dont je soupçonne mes semelles Birkenstock d'en être coupables, m'indique qu'il n'est pas temps pour moi d'aller faire un trekking de 8 jours en haute altitude. Je décide donc d'aller sur Tashiding, ou je tombe sur un mariage dès ma première journée. Je me lie d'amitié avec une travailleuse sociale, une des rares à parler anglais dans ce bled, et passe donc plus d'une semaine entre sa maison et le monastère tout en haut de la montagne. Des moments magiques. Je me suis aussi trouvé un amour pour les chiens. Il y a en Inde des chiens PARTOUT et pas toujours gentils parce que les humains les maltraitent et pas toujours jolis et en forme parce qu'ils ne sont pas pénards et bien nourris comme nos chiens domestiqués en occident. Mais les chiens du Sikkim sont tellement beaux et gentils que je ne peux m'empêcher de donner un petit moment d'attention et de tendresse à ceux qui viennent me voir. Quand l'heure du départ a sonné, je me suis dirigée vers Gangtok, la grande ville, pour avoir une extension sur mon permis du Sikkim. Petite tournée en jeep dans le nord du Sikkim qui a un peu mal viré à cause de multiples éboulements de terrain, multiples cascades qui traversent la route, problèmes mécaniques et météorologiques. C'était toutefois de toute beauté, et quand le soleil s'est levé, à 5hAM, je les ai vu finalement ces belles montagnes aux pics enneignés! Juste pour ça, c'aura valu le détour. Ça et les tapis de rhododendrons sur la route vers Point Zéro. Se trouver à 4800m d'altitude aussi est assez sympa!

Retour sur Varanasi après 2 jours de train et de jeep : accueil de 45 degrés. Outch! Plus qu'une semaine en Inde, ce n'est pas vrai que je ne vais pas dormir à cause de la chaleur. Je me tappe donc 2 autres nuits de trains vers Delhi puis Dharamshala, pour les derniers jours en bonne compagnie et une fois de plus dans les montagnes. Le plus gros drame de toute ma vie de voyageuse arriva alors. Perte de ma caméra numérique, de 10Go de photos dont 4Go pas sauvegardés en copie. Ça fait mal. Même la fracture de mon gros orteil à pareille date l'an dernier n'était pas aussi douloureuse pour mon coeur. Alors les amis, je n'ai rien à vous montrer des derniers mois à part les quelques photos de Varanasi sur Picassa. Ça fait maintenant plus d'une semaine que c'est arrivé et je pleure encore ces merveilleuses photos (car oui, il y en avait des extraordinaires), tous ces gens, ces sourires, ces yeux malheureux joyeux ou curieux, cet homme lepchas qui cognait des clous, ce vieil homme tibétain qui gravait des pierres en forme de Bouddha au monastère, ces pics enneigés, ma copine bouthia et son adorable petite fille de 3 ans, ce bébé tibétain avec les cheveux tous ébouriffés qui apprenait à marcher, cette vieille femme népali avec 3 kilogrammes de bijoux en or qui ornaient son nez et ses oreilles... L'expression de ma créativité qui a disparu en images. Et de retour sur Delhi, je me fais voler mes bottes de trekking dans le train. Bon. Faut croire que je dois payer du karma. Lâcher prise...

Le lendemain matin, je dis au revoir India et je m'envole vers les Émirats Arabes, puis vers la Jordanie. Une nuit à Amman et je me dirige alors vers la frontière israelienne avec un peu d'appréhension. C'est une jeune fille de 18 ans, qui rigole derrière son comptoir, à qui j'ai affaire et j'arrive à la convaincre de me laisser passer avec un visa de 3 mois avec les traces de mon passage en terre promise que sur un petit bout de papier inséré dans mon passeport. Victoire! Après 30 minutes de bus sur une route bien occidentale et confortable, j'arrive sur Jérusalem, ville sainte. Terre Promise.... ça promet :)

dimanche 9 mai 2010

Quand ton tigerbalm devient liquide, c'est qu'il fait tres chaud


Je suis arrivee sur Varanasi les yeux et le coeur grands ouverts, avec la curiosite d'une enfant qui decouvre un nouveau monde. Et cette ville, qui est une des plus anciennes au monde, est un monde en soi. Elle contient les extremes de l'Inde ; sa purete, sa devotion et sa beaute, tout comme ce qu'il y a de plus atroce, derangeant et crade. De tous les cotes, ca grouille. Il fait une chaleur incroyable et les gens y sont tres intenses!

Le meilleur moment pour se laisser impregner de l'energie de Benares, c'est a l'aube. Des 5hAM sur les ghats, la vie commence a s'activer. C'est le bain matinal dans le Ganges, afin de se purifier de ses peches. Les sadhus de tous les styles recitent des mantras, les brahmanes font leurs rituels, les pujas, les offrandes, les vaches sacrees, les fleurs, la fumee de l'encens qui chatouille les narines, la lessive et les tissus de toutes les couleurs etendus au soleil, les prieres, les bateaux, les pelerins qui arrivent en groupes, les familles qui marchent avec leur defunt en chantants des bhajans en direction du burning ghat, les enfants qui rient, des tilaks de toutes les couleurs, l'odeur du jasmin... Et si on marche un peu, on tombe sur un des endroits les plus sacres de tout le pays, soit la ou ont lieu les cremations. Depuis des milliers d'annees, a tous les jours, 24 h / 24, des corps y brulent. Assez fou. Vers 10h, il commence a faire vraiment chaud sur les rives du fleuve, c'est alors preferable de s'enfoncer dans les petites ruelles de la vieille ville pour un peu d'air "frais" et un petit bain de foule, de sons et d'odeurs.

Kashi, un autre nom pour la ville de Shiva, est aussi un coin des plus musical. Inspiree, j'ai pris des cours de chant indien. Me laissant entrainer au son de la tanpura, j'appris le Sa Re Ga Ma Pa Dha Ni Sa, des ragas, bhajans et mantras pendant quelques semaines.

J'ai toutefois decide de quitter apres presqu'un mois car j'avais l'incommensurable envie d'aller respirer l'air frais des montagnes. Me voici donc a Darjeeling, dans le Bengal de l'Ouest ; endroit par excellence pour savourer un bon the chaud tout en me regalant de porter un jeans et des manches longues.

PS: L'image du haut est un lien vers de nouvelles photos!

vendredi 9 avril 2010

Om namah shivaya, prise 2

Ok, dans le message qui suit je vais utiliser un gros mot. Ce mot, c'est Dieu. Je prefere le dire a l'avance car je sais que ce mot peut evoquer differentes reactions chez certains. Je pourrais dire mere nature, l'univers, Allah, la conscience universelle, le destin, le karma, mais je choisis d'employer le mot Dieu car c'est plus simple ainsi, alors vous pourrez substituer selon vos croyances ou votre absence de croyance.

Donc! Mon arrivee a l'ashram etait le 26 janvier, a ma fete. C'est par une foule de gens et des punaises de lit que je fus accueillie en cette premiere journee. Le choc. Trop de monde. Impossible d'obtenir le seva du jardin. Plutot decue, je suis de corvee de vaisselle. Bon. La bouffe indienne ne passe pas, trop piquant. Trop piquant??? Depuis quand aie-je un probleme avec ca? En mettant le pied dans l'ashram, le chili, la cayenne et tous ces gentils petits piments enflammants ne veulent plus passer le cap de mes levres. En aryurveda, je suis Pitta, ce qui veut dire trop de feu. Serait-ce mon dosha qui me rattrappe? De plus, je n'arrive pas a communiquer, ca grouille de monde, j'en suis etourdie, je remets en question mon feeling que je devais revenir ici. Les 3 premiers jours furent si difficiles, qu'a un moment je me suis dis je quitte ou je lache prise. J'ai choisi de lacher prise.

A partir de ce moment, les bonnes personnes se sont placees sur mon chemin comme par magie pour m'amener exactement la ou je dois etre, selon le plan divin. Des quantites innombrables de coincidences, de synchronicites ont commencees a avoir lieu. J'ai pu retourner dans les jardins de tulsi, puis j'ai fais une retraite dans un merveilleux petit paradis, ce qui m'a permi de guerir en partie une certaine douleur a la hanche qui persistait depuis 9 ans. Grande metamorphose. Extase de pouvoir etre assise en demi-lotus et etre confortable. J'en ris et j'en pleure. Le simple fait de marcher est une nouvelle experience. Il y a quelque chose qui s'est decristallise, qui s'est dissout, laissant derriere des memoires liberees et du travail a faire pour reequilibrer le tout. Mais la piste est la, et je compte bien persister pour en venir a bout.

Cette annee encore, les gens se preparaient a partir en tournee avec Mata Amrita Anandamayi, mais moi je n'allais nulle part. Je choisis plutot de rester a l'ashram et ainsi profiter de cette benediction pour travailler sur mon corps, mon coeur et mon esprit. On peut se demander ce que l'on fait dans un ashram pendant 2 mois, mais repondre a cette question, c'est comme expliquer a quelqu'un ce que goute le durian. Il faut l'experimenter pour le comprendre. Pour certains, ce pourrait sembler comme du temps perdu. Pour d'autre, un endoctrinement. Il y en a chez qui cela genere de la peur et de l'incomprehension. Pour ceux qui le veulent vraiment, il est possible de vivre de grandes transformations, mais il suffit de s'abandonner. SURRENDER! Je prefere le terme dans la langue de Shakespeare. Mon experience a commence a vraiment fructifier quand j'ai decide de laisser les renes de ma vie a Dieu, a cette puissance superieure qui sait. J'ai passe la majeure partie de ma vie a me battre contre une riviere, a etre obstinee, a penser savoir que JE savais ce que je voulais dans MA vie. Mais qui est ce JE? Mon mental? Mon ego? Qu'est-ce? Conditionnement familial, culturel? Des belles idees dont j'etais consciente dans ma TETE, mais pas dans mon coeur. Et ma derniere annee de voyage n'est qu'un condense, une preuve que quand c'est la tete qui dirige, on n'en ressort jamais indemne. Parce que j'ai galere. Mais ca suffit.

Alors ce que j'ai fais en deux mois n'est pas aussi important que ce que j'ai realise. Pour une chose, j'ai appris a respirer. Facile, vous pouvez penser. Mais respirer pleinement et consciemment, ce n'est pas la meme chose que de faire entrer et sortir de l'air par nos narines. Je suis toujours dans l'apprentissage de ne plus avoir peur et de ne plus croire que je suis seule, car je suis bien protegee, et j'ai la foi. Je ne suis jamais seule. Je suis dans une perpetuelle acceptation de mon incarnation feminine avec tout ce que cela implique, de la femme interieure, de cette energie creatrice qui gronde au fond de mes entrailles. Je laisse derriere une partie de mon feu, de mon Yang... pour laisser la place a l'eau, a la terre, afin de me reequiliber dans ma polarite et ainsi retrouver un equilibre interieur. J'apprends a laisser plus de place a mon coeur et moins d'espace au monde des idees, du mental, car ce dernier est un pietre maitre.

Mon plan etait de rester a l'ashram un mois et aller planter des arbres apres. Mais je sentais que je devais rester plus longtemps car le travail interieur que j'accomplissais etait trop important. Je croyais alors devoir rester jusqu'a ce que la sadguru termine sa tournee en Australie et revienne a la mi-avril. Mais Dieu en a decide autrement. Amma est revenue entre ses 2 tournees car son pere est decede. Elle est donc revenue. Et alors que j'etais dans la maison de son pere pour lui offrir mes condoleances, j'ai eu une intuition. C'etait l'heure de partir. Je dois aller a Varanasi. Une grande hesitation s'empara de moi apres la reception de cet appel du coeur. Du genre... oui mais pourquoi? Je suis bien ici? Je veux faire la tournee dans le Kerala avec Amma! Pourtant j'etais en paix avec l'idee de quitter, c'est mon mental qui sautait une coche. Ecoutant ce dernier, je me suis laissee convaincre de rester un temps de plus pour faire la tournee et aller a la ville sacree plus tard. Mais j'etais miserable apres deux jours.

Donc voila, j'ai lache prise, puis reserve des billets de train. Ce que le coeur veut
, Dieu le veut. J'ignore ce qui m'attend la bas, je sais juste que je dois y aller. Je saute donc a pieds joints dans le vide, sans regarder en arriere. Je suis presentement a Delhi apres 48 heures de train qui se sont deroulees comme un charme! C'est demain que je partirai pour Varanasi. Que l'aventure commence...ou plutot, continue!

lundi 29 mars 2010

Flammes

Cela fait longtemps que je reste silencieuse. Ca suffit! Il y a maintenant plus de 2 mois que je vis dans un ashram dans le Kerala, tout au sud du pays. Il m'a ete difficile d'ecrire plus tot car je ne trouvais pas les mots juste afin d'exprimer ce qui se passe par ici. Je vais sauter quelques etapes et y reviendrai dans un autre message, car je crois que ce que j'ai a dire maintenant est plus important que la chronologie.

Le 12 mars dernier, mon grand-pere a pris son dernier souffle, laissant derriere son corps, ses enfants et petits-enfants, afin d'aller s'unir a la conscience universelle et retrouver feu ma grand-mere. Ce n'est que plus d'une semaine plus tard que j'ai appris ce fait. Il m'a ete difficile d'accueillir cette nouvelle, pas a cause de son depart car cela est une benediction. C'est plutot le fait de ne pas avoir ete la de coeur et d'esprit avec ma famille pendant cette semaine mouvementee.

Le 22 mars, c'est le pere d'Amma, la sadguru de l'ashram ou j'habite, qui est retourne a la source. Cette derniere etant en tournee dans le nord de l'Inde est alors revenue chez elle. Elle qui est reconnue pour etre "the hugging saint" recevait a son tour les calins, les condoleances, et l'amour des gens et de ses devots. Pendant 2 jours, les bramacharinis ont chante la bhagavad gita sans arret. Les funerailles et la cremation ont lieu le 2e soir. Des milliers de personnes ont assiste a cette ceremonie sacree. Entoure de couronnes et de guirlandes de fleurs, le corps a ete amener sur un bucher. Une fois le tout bien allume et la ceremonie completee, Amma demanda aux gens d'aller souper. Quant a moi, je ne pouvais decoller mes yeux du feu. Les flammes m'hypnotisaient, alors qu'une ribambelle d'emotions et de sensations m'envahissaient. A 4 metres de cette ardeur, la chaleur etait violente... pourtant, mes pieds etaient bien enracines dans le sol, habites d'une vie propre, bien decides de ne pas bouger. Et le temps s'est arrete. Des larmes se sont mis a couler. Pas des larmes de chagrin. Plus profond encore. Du feu naquirent des goutelettes d'eau, eau purificatrice et appaisante. Je pleurais pour le pere d'Amma. Je pleurais pour mon grand-pere. Pour mon pere. Pour tous les hommes. Tout a coup, une voix forte et autoritaire s'exclama dans mon esprit Prosterne-toi!", ce que je fis sans poser de question. Je laissai alors derriere moi cet homme se consumer alors que les gens jetaient enscens, camphre et noix de coco seches pour alimenter le feu. A peine aie-je marche 15 metres que le ciel se mit a suivre mon example et deversa a son tour ses larmes en torrents de pluie.

samedi 23 janvier 2010

AC en Inde - Prise 2

C'est reparti!!!

Apres deux extraordinaires mois en terre natale et une semaine de vacances en famille en Republique Dominicaine, me voila a nouveau sur la route! Les dernieres semaines furent inspirantes, magiques, et oh combien delicieuses en votre compagnie, chers ami(e)s, chere famille, chers amours! Rien de tel pour s'enraciner et faire le point. Merci d'etre avec moi, merci de votre soutien, de vos rires, de vos histoires, projets et idees, tout simplement merci. C'est motivant de penser a mon reel retour quand je vois a quel point je suis si bien entouree. :)

Mais les vacances sont terminees ; il est temps de retourner au travail. Et quand je dis travail, j'entends travail sur moi. Visiter de nouvelles contrees n'est pas qu'un simple voyage, c'est un voyage interieur. L'Inde etant loin d'etre le plus facile des pays, je ne peux m'empecher d'y retourner. C'est un desir, une pulsion plus forte que moi. Je ne sais pas concretement ce que je vais y faire cette fois-ci, ni ce que je vais y trouver. Je n'ai pas le gout de planifier car la derniere fois ca ne m'a pas servi ; le mental est un pietre maitre. Ce que j'entends toutefois faire, c'est de boucler la boucle. Pour le reste, on verra! Je connais maintenant la force de cet endroit et je vais tenter de danser avec l'Inde plutot que de nager contre ses fortes vagues.

La derniere annee en fut une d'apprentissage. Pas toujours facile quand la realite nous explose en pleine face quant a nos "patterns" et nos peurs. Le voyage est un catalyseur qui permet de se remettre constamment en question et de relever de grands defis interieurs, favorisant ainsi une evolution plus rapide, mais pas necessairement plus facile.

J'en suis presentement a mes dernieres heures a Kuala Lumpur... c'est demain matin que je m'envolerai vers la prochaine lecon. D'ici la, je vais aller a la recherche de durians et de mangoustans afin de profiter du meilleur de l'asie du sud-est!