Cela fait longtemps que je reste silencieuse. Ca suffit! Il y a maintenant plus de 2 mois que je vis dans un ashram dans le Kerala, tout au sud du pays. Il m'a ete difficile d'ecrire plus tot car je ne trouvais pas les mots juste afin d'exprimer ce qui se passe par ici. Je vais sauter quelques etapes et y reviendrai dans un autre message, car je crois que ce que j'ai a dire maintenant est plus important que la chronologie.
Le 12 mars dernier, mon grand-pere a pris son dernier souffle, laissant derriere son corps, ses enfants et petits-enfants, afin d'aller s'unir a la conscience universelle et retrouver feu ma grand-mere. Ce n'est que plus d'une semaine plus tard que j'ai appris ce fait. Il m'a ete difficile d'accueillir cette nouvelle, pas a cause de son depart car cela est une benediction. C'est plutot le fait de ne pas avoir ete la de coeur et d'esprit avec ma famille pendant cette semaine mouvementee.
Le 22 mars, c'est le pere d'Amma, la sadguru de l'ashram ou j'habite, qui est retourne a la source. Cette derniere etant en tournee dans le nord de l'Inde est alors revenue chez elle. Elle qui est reconnue pour etre "the hugging saint" recevait a son tour les calins, les condoleances, et l'amour des gens et de ses devots. Pendant 2 jours, les bramacharinis ont chante la bhagavad gita sans arret. Les funerailles et la cremation ont lieu le 2e soir. Des milliers de personnes ont assiste a cette ceremonie sacree. Entoure de couronnes et de guirlandes de fleurs, le corps a ete amener sur un bucher. Une fois le tout bien allume et la ceremonie completee, Amma demanda aux gens d'aller souper. Quant a moi, je ne pouvais decoller mes yeux du feu. Les flammes m'hypnotisaient, alors qu'une ribambelle d'emotions et de sensations m'envahissaient. A 4 metres de cette ardeur, la chaleur etait violente... pourtant, mes pieds etaient bien enracines dans le sol, habites d'une vie propre, bien decides de ne pas bouger. Et le temps s'est arrete. Des larmes se sont mis a couler. Pas des larmes de chagrin. Plus profond encore. Du feu naquirent des goutelettes d'eau, eau purificatrice et appaisante. Je pleurais pour le pere d'Amma. Je pleurais pour mon grand-pere. Pour mon pere. Pour tous les hommes. Tout a coup, une voix forte et autoritaire s'exclama dans mon esprit Prosterne-toi!", ce que je fis sans poser de question. Je laissai alors derriere moi cet homme se consumer alors que les gens jetaient enscens, camphre et noix de coco seches pour alimenter le feu. A peine aie-je marche 15 metres que le ciel se mit a suivre mon example et deversa a son tour ses larmes en torrents de pluie.
lundi 29 mars 2010
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